Origine du monde, naissance du récit. L’incipit de Lo imborrable, de Juan José Saer
Resumen
L’article propose d’analyser l’incipit de Lo imborrable de Juan José Saer grâce à la dialectique du continu et du discontinu, deux notions qui apparaissent dès le premier titre en indentation du roman. L’approche de l’analyse textuelle croisée à celle de la psychanalyse permet de montrer comment ce texte mélancolique se génère sur le mode d’un flux émergeant d’une béance, par la voix de son narrateur, Tomatis, à partir de l’image inaugurale de la naissance décrite par un affect, celui de l’angoisse de séparation. L’évidence d’une continuité avec Glosa est partiellement remise en question, faisant apparaître une énigme et une réponse possible quant à l’identification fantasmatique de Tomatis au corps moribond de la mère, dont le détachement ressuscitera le désir et la pulsion narrative, sous la forme d’un flux textuel, tout à la fois continu et discontinu.
Mots-clés : Lo imborrable ; continu/discontinu ; incipit ; littérature et psychanalyse ; fragmentation
Este artículo analiza el íncipit de Lo imborrable, de Juan José Saer, a través de la dialéctica de lo continuo y lo discontinuo, dos nociones que aparecen en el primer ladillo sangrado de la novela. El estudio textual combinado con el psicoanálisis permite mostrar cómo este texto melancólico se genera a la manera de un flujo que emerge de un vacío, a través de la voz de su narrador, Tomatis, a partir de la imagen inaugural del nacimiento, descrita mediante el afecto de la angustia de separación. La evidencia de la continuidad con Glosa es parcialmente cuestionada, revelando un enigma y una posible respuesta a la identificación fantasmática de Tomatis con el cuerpo moribundo de la madre, cuyo desprendimiento resucitará el deseo y la pulsión narrativa, bajo la forma de un flujo textual, a la vez continuo y discontinuo.
Palabras clave: Lo imborrable; continuo/discontinuo; íncipit; literatura y psicoanálisis; fragmentación
